Ceux qui fonctionnent trop
Comprendre l’anxiété silencieuse chez les personnes performantes

L’anxiété silencieuse désigne une forme d’hyperactivation chronique du système nerveux qui touche des individus socialement et professionnellement performants. Contrairement aux tableaux anxieux aigus, elle ne se manifeste pas par des crises visibles, mais par une tension interne persistante, une vigilance permanente et une difficulté à accéder à un état de repos profond. Cet article analyse les mécanismes neuro-physiologiques sous-jacents, les profils les plus concernés, les conséquences à long terme d’un fonctionnement prolongé sous stress et les orientations thérapeutiques contemporaines centrées sur la restauration de la sécurité biologique. Il met en évidence la distinction fondamentale entre performance extérieure et régulation interne, invitant à repenser la santé mentale à travers le prisme du corps, du système nerveux autonome et de l’expérience vécue de sécurité. Dr Jean-Victor Belmère
Introduction — Quand tout va bien… en apparence
L’anxiété est souvent associée à des crises visibles, des attaques de panique, une incapacité à sortir de chez soi ou à travailler. Cette représentation est réductrice.
Dans la réalité clinique, une large proportion des personnes anxieuses ne s’effondrent pas. Elles fonctionnent.
Elles travaillent.
Elles gèrent.
Elles assument.
Elles avancent.
À l’extérieur, leur vie semble organisée, stable, parfois même brillante.
À l’intérieur, pourtant, le système nerveux reste sous tension permanente.
Cette forme d’anxiété discrète, chronique, masquée par la performance, constitue ce que l’on peut appeler une anxiété silencieuse — un état dans lequel l’organisme continue d’opérer, mais au prix d’un coût physiologique et psychique élevé.
La question centrale devient alors :
Peut-on réellement aller bien… sans se sentir en sécurité à l’intérieur ?
Définition clinique : une anxiété sans symptômes spectaculaires
Contrairement aux tableaux anxieux aigus, l’anxiété silencieuse ne se manifeste pas par des crises spectaculaires. Elle prend des formes plus diffuses :
– vigilance permanente
– anticipations constantes
– difficulté à s’arrêter
– sensation interne d’urgence
– fatigue persistante
– tensions corporelles chroniques
– sommeil non réparateur
– ruminations nocturnes
– irritabilité contenue
– impression de ne jamais « décrocher »
Ces personnes ne décrivent pas toujours une peur précise. Elles parlent plutôt d’un fond permanent de pression, d’une impossibilité à relâcher complètement le contrôle.
Le fonctionnement quotidien se maintient — parfois à haut niveau — mais repose sur un état de mobilisation physiologique continue.
Le rôle central du système nerveux autonome
Sur le plan neuro-physiologique, l’anxiété silencieuse correspond rarement à un trouble purement psychologique abstrait. Elle s’inscrit dans une activation chronique du système nerveux autonome, en particulier de ses circuits de vigilance.
Le corps fonctionne alors comme s’il devait en permanence :
– prévoir
– se protéger
– anticiper
– gérer des menaces potentielles
– maintenir la stabilité coûte que coûte
Cette activation prolongée entraîne :
– une augmentation du tonus musculaire
– une respiration haute ou accélérée
– une digestion perturbée
– des troubles du sommeil
– une hypersensibilité aux stimuli
– une difficulté à ressentir la détente
Autrement dit, le corps n’est plus dans un état de repos véritable, mais dans une posture de veille continue.
Pourquoi certaines personnes « tiennent » si longtemps
Les profils concernés sont souvent des individus responsables, investis, fiables, sur lesquels les autres s’appuient :
– cadres
– dirigeants
– soignants
– parents très engagés
– entrepreneurs
– professions intellectuelles exigeantes
– personnes occupant des rôles de soutien dans leur entourage
Ce sont fréquemment des personnes qui ont appris, très tôt, à :
– prendre en charge
– ne pas déranger
– rester solides
– anticiper pour éviter les crises
– contenir leurs émotions
– se montrer efficaces
Avec le temps, ces stratégies deviennent automatiques. Elles permettent de réussir… mais maintiennent le système nerveux dans un mode d’alerte prolongé.
L’anxiété silencieuse n’est donc pas une faiblesse.
C’est souvent une compétence adaptative devenue excessive.
Fonctionner n’est pas synonyme de sécurité intérieure
Un point essentiel mérite d’être souligné :
le bon fonctionnement extérieur n’est pas un indicateur fiable de régulation interne.
On peut :
– réussir professionnellement
– assumer une charge familiale importante
– prendre soin des autres
– être socialement intégré
… tout en vivant intérieurement dans un climat de tension.
La sécurité psychique ne se mesure pas uniquement à ce que l’on accomplit, mais à la capacité du corps à :
– se relâcher
– récupérer
– ralentir sans culpabilité
– se sentir protégé sans devoir tout contrôler
Lorsque cette capacité disparaît, la performance devient une compensation plutôt qu’un signe d’équilibre.
Les risques à long terme de l’anxiété silencieuse
Maintenue pendant des années, cette activation chronique peut favoriser :
– épuisement psychique
– troubles anxieux généralisés
– dépressions masquées
– douleurs chroniques
– troubles digestifs fonctionnels
– migraines
– dérèglements hormonaux
– burn-out
– troubles cardiovasculaires liés au stress
Le danger principal réside dans le caractère discret de la symptomatologie : ces personnes consultent souvent tardivement, lorsque le corps impose enfin un arrêt.
Approche thérapeutique contemporaine : restaurer la sécurité biologique
Les approches modernes de l’anxiété ne se limitent plus au travail cognitif sur les pensées. Elles s’intéressent directement à la restauration de la sécurité neuro-physiologique.
Cela passe notamment par :
– la régulation respiratoire
– la conscience corporelle
– la réduction de l’hyper-vigilance
– la stabilisation du rythme cardiaque
– la réassociation aux sensations de calme
– la diminution progressive du contrôle excessif
– l’accès à une conscience élargie stabilisante
– la reprogrammation des automatismes de stress
Dans les approches intégratives, l’objectif n’est pas de forcer le lâcher-prise, mais de permettre au système nerveux d’apprendre, à nouveau, qu’il peut descendre en intensité sans danger.
On ne convainc pas un corps anxieux par des raisonnements.
On lui fait vivre, progressivement, des expériences répétées de sécurité.
Signaux d’alerte à ne pas ignorer
Certaines questions simples peuvent aider à repérer cette anxiété fonctionnelle :
– Est-il difficile de s’arrêter sans culpabiliser ?
– Le mental reste-t-il actif même au repos ?
– Le sommeil est-il réellement réparateur ?
– Le corps est-il souvent tendu ?
– La détente provoque-t-elle une sensation étrange ou inconfortable ?
– Y a-t-il une peur diffuse lorsque tout va bien ?
Lorsque plusieurs de ces éléments sont présents, il est possible que le système fonctionne depuis longtemps en mode de suradaptation.
Conclusion — Apprendre à ne plus seulement tenir
Les personnes qui « fonctionnent trop » ne sont pas fragiles.
Elles sont souvent fortes depuis longtemps.
Mais tenir n’est pas vivre.
L’anxiété silencieuse invite à déplacer le regard :
non pas se demander combien on accomplit,
mais à quel prix physiologique et intérieur.
Aller bien ne signifie pas seulement avancer.
Cela signifie pouvoir ralentir sans s’effondrer.
Respirer sans surveiller.
Dormir profondément.
Habiter son corps avec confiance.
C’est dans cette direction que s’inscrivent aujourd’hui les accompagnements thérapeutiques contemporains :
non pas rendre les individus plus performants,
mais plus sûrs intérieurement.
Je vous accompagne pour vous retrouver et vous apaiser
Hypnothérapeute exclusif
Coaching médical spécialisé
CIHM – Approche Corps–Conscience élargie
Docteur en Médecine,
Docteur en Biologie humaine,
Neuro-Psychiatre, spécialiste Neurosciences
(Maitre de conférences agrégé en neurophysiologie)
Tél/WhatsApp
+212 666 535 866 ou +212 666 783 504
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